2026, entre relocalisation, résilience thermique et certification biologique...

La certification bio: un enjeu important pour la poursuite de mes activités

Au moment d'enregistrer le nom de mon entreprise et de le protéger grâce au soutien bienveillant d'un ami parisien, l'Institut National de la Propriété Industrielle avait bien mis en avant que si je voulais commercialiser mon miel et mes essaims, il fallait nécessairement entamer une démarche de certification Agriculture Biologique. En effet, même si ma démarche était bio dès l'origine, le fait de vendre des produits sous le nom Beeologique sans aucune démarche de labellisation pouvait logiquement tromper mes acheteurs. J'ai donc commencé une démarche au printemps visant à certifier mes activités sous le label AB - agriculture biologique. Depuis le 13 avril 2026, mes activités sont en conversion biologique. Je suis accompagné par le bureau d'études Véritas et la transition se passe remarquablement bien. Ma démarche de certification est soutenu par le Conseil Régional de Bourgogne Franche-Comté que je remercie car il prend à sa charge 90% du coût de la certification facturée par le bureau d'études. Il est vraiment réjouissant de se sentir soutenu concrètement dans cette démarche ! Mes deux premiers audits se sont déroulés en juillet et octobre avec zéro non conformité. Je joins l'image des comptes-rendus en toute transparence et me réjouis que cela débouchera probablement sur une certification en avril prochain.

Rapport des audits de juillet et octobre 2026

La relocalisation des projets, autant que possible !

Cette deuxième année a été l'occasion de faire le bilan de la première année d'activités et de procéder à des ajustements. L'an passé, j'ai pris conscience que, bien que toutes les ruches des particuliers que je suivais étaient situées dans un rayon de moins de 50 kilomètres autour de chez moi, cela engendrait quand même trop de déplacements d'autant que l'activité apicole est concentrée entre avril et septembre et que tout le monde a les même besoins simultanément: pose des hausses, récoltes, traitement anti-varroa... Cela présentait le double inconvénient de générer des déplacements importants et la frustration de ne pas pouvoir intervenir paisiblement sur chaque site simultanément. L'augmentation du prix du gazole a ajouté à la nécessité de faire évoluer mon modèle.

Aussi, depuis ce printemps, je propose plus systématiquement aux particuliers une formule où j'installe des ruches qui leur appartiennent sur mon terrain, les suit au quotidien et leur propose de venir sur place pour des visites. Je leur prête une tenue et nous faisons une visite du rucher ensemble. Ce sont toujours des moments conviviaux. Les abeilles sont prêts de moi et je peux les aider au quotidien, les particuliers sont en confiance et n'ont pas le stress de ne pas savoir quoi faire en cas de situations exceptionnelles type essaimage. Ils peuvent venir quand ils le souhaitent et récupèrent en fin de saison la récolte de leur ruche.

A quelques kilomètres de chez moi, sous l'impulsion d'une voisine suisse active et pro-environnement, un collectif élargi de voisins s'est réuni pour mettre en place un rucher où chacun est propriétaire d'une ruche. Il y a 5 ruches aujourd'hui. Cela permet de mutualiser la récolte et chacun peut récupérer une récolte qui correspond à un cinquième de la production totale et en cas de mort d'une ruche à l'hiver, je peux reconstituer une colonie de printemps à partir des 4 autres restantes. Mutualisation des bénéfices et des risques à une échelle locale! Et la formule fonctionne.

Voici le rucher en question: 5 ruches, huile de lin, pigment naturel et huile de lin en guise de peinture et petite plaque gravée pour le marquage des ruches

Le réchauffement climatique, défi ultime !

Le dernier défi majeur de la saison aura été le réchauffement climatique. Pour un apiculteur, les conséquences sont tangibles. Au cours de la saison 2026, toute mon activité a été stoppée net à partir du mois de juin. Normalement, au mois de juin, les abeilles sont actives, butinent et ramènent pollen et nectar à la ruche. Cette année, au mois de juin, les abeilles ont consacré leur énergie à ventiler la ruche, à chercher de l'eau et consommer une partie des réserves de miel. C'est donc une double peine parce que non seulement les abeilles n'avaient plus rien à manger car la flore était grillée mais en plus, les abeilles ont dû consommer une partie du miel produit.

Dans ce contexte, pas de solution miracle. Les emplacements de mes abeilles sont adaptés. Un peu humides il y a quelques années, ils sont aujourd'hui parfaits. J'ai laissé quelques acacia pousser en bordure du rucher pour renforcer l'ombrage. Les conséquences se mesurent en revanche en terme de récolte: 150 kilos pour 30 ruches bien installées, c'est assez maigre, d'autant que j'ai été contraint de nourrir mes abeilles en octobre avec du sirop composé de miel, de sucre de betterave et d'un mélange d'huiles essentielles. Un peu éloigné de mon souhait initial de ne prélever aux abeilles que ce dont elles n'avaient pas besoin mais difficile d'anticiper au moment de la récolte.

En résumé, une saison d'adaptation au profit des abeilles mais qui renverse une réalité: là où les ruches étaient facilement autonomes et permettaient aux humains de prélever une partie des ressources en miel sans préjudice pour les abeilles, cette logique est plus fragile et donne l'impression que l'apiculteur doit assister les abeilles dont l'autonomie n'est plus garantie.

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